Les travailleurs indochinois - Exposition

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Avr

9. Mortalité

La mortalité des ouvriers indochinois (trois fois plus élevée que celle des Français en 1914-1918 et cinq fois plus en 1939-1945) témoigne de leur extrême souffrance. Durant la Grande Guerre, les décès sont surtout dus aux conditions de travail dans les usines, car ils sont affectés aux tâches les plus dures et sont au contact des produits toxiques. Pour la Seconde Guerre mondiale, ce sont les conditions d’existence qui sont en cause, les cas de tuberculose sont nombreux.

Stèle édifiée en 2013 au-dessus du « camp des Annamites » de 1918 à la mémoire des Indochinois.

© Association des Amis de Cazaux-Debat

Au cours de la Grande Guerre, encasernés, les Indochinois n’ont de contact avec les Français que pendant le travail. Ils suscitent de la curiosité, parfois de la sympathie. Eux découvrent une autre France, celle de la classe ouvrière qui ébranle la figure du colon qu’ils connaissaient dans leur pays. Dès août 1916, des rapports de police signalent une cohabitation difficile en région toulousaine. L’hostilité prend de l’ampleur en 1917, quand des compagnies annamites sont employées pour des opérations de police voire de répression des grèves et des mutineries.

Au mois de juillet [1917], les ouvrières des usines de guerre ont refusé d’aller au travail et ont malmené nos Annamites et en ont tué un grand nombre sans que l’administration ait pu prendre aucune mesure contre elles.

Lettre de T.Q.T. affecté à la poudrerie de Toulouse © ANOM